La peinture ... compléments

Musée
Depuis la fin du XVIIIe siècle les artistes n’ont pas cessé de fréquenter les musées. Reste qu’ils les fascinent comme ils s’en méfient… Quelle est la réalité du musée pour un peintre ? Celle qui permet à Bram Van Velde de confier « le musée nous donne des moments où l’on voit » ou celle de Jean Dubuffet qui enrage « … c’est précisément cette idée d’une norme et d’une orthodoxie de l’art que les musée entendent insuffler au public ; c’est une ide fausse et nocive ». Autre « nocivité » du musée définie par Fernando Botero : « En Europe, on naît dans les musées… Comment, lorsqu’à vingt-cinq ans, on décide de devenir peintre, n’être pas déjà fatigué ?… » Quels ont été pour les peintres mes modes d’emploi des musées ?
Retour à la page La peinture par les peintres

Raphaël
Devant l’Académie royale de peinture et de sculpture, Charles Le Brun reconnaît que « le divin Raphaël a été celui sur les ouvrages duquel il a taché de faire ses études ». Dans son Journal Delacroix écrit le 1er mars 1859 qu’il est « le plus grand des peintres ». Au début du XXe siècle, Emile Bernard reconnaît encore qu’il a été « le grand oracle et le modèle ». Et Balthus à la fin de ce même siècle s’exclame : « Raphaël ennuyeux ? C’est un blasphème. » L’admiration des peintres aura été, rare exception, indéfectible plus de quatre siècles…
Retour à la page La peinture par les peintres

...ismes?...
Ni Georges Rouault qui écrit en 1931 « Les critiques ont la rage de vous chercher un état civil pictural, de vous lier à tel mouvement », ni Mark Rothko qui affirme en 1957 à propos d’un article que « l’auteur devrait savoir que classer c’est embaumer », n’en doutent. Or, pour déterminer cet état civil pictural, pour classer, les critiques et les historiens de l’art ne se sont pas privés de définir des « -ismes » de toutes sortes. Le XXe siècle, plus qu’aucun de ceux qui le précédèrent, en aura été accablé. Parmi les premiers à apparaître, le fauvisme. Constat de Matisse : « L’épithète “Fauve” ne fut jamais acceptée par les peintres fauves ; nous l’avons toujours considérée comme une étiquette propagée par les critiques, et rien de plus. »
Retour à la page La peinture par les peintres

Titien, Tintoret, Véronèse
Confidence d’Emile Bernard : « Plus j’étudie l’art et les maîtres, plus je me dirige vers l’école de Venise. Tout ce qui s’est fait là, par une grâce admirable, porte le caractère de la plus haute distinction, de la plus aristocratique perfection. » Cette admiration pour les « Vénitiens » rassemble Titien, Tintoret et Véronèse. Titien, parce que, selon Reynolds, « C’est chez le Titien qu’il faut aller pour trouver la perfection du coloris et du clair-obscur, et celle-ci dans son plus haut degré. » Tintoret, parce que, selon Cézanne, « … dans sa jeunesse, il avait eu le culot d’affirmer : la couleur du Titien dans le dessin de Michel-Ange. Et il y est arrivé. » Véronèse, parce que, selon Delacroix, il « est le nec plus ultra du rendu, dans toutes les parties ».
Retour à la page La peinture par les peintres

Ecole
Le terme d’école a-t-il jamais eu pour les peintres la moindre pertinence ? A les lire on peut en douter… Delacroix ne se prive pas de cette raillerie : « L’École de David s’est qualifiée à tort d’école classique par excellence, bien qu’elle ait été fondée sur l’imitation de l’antique. C’est précisément cette imitation souvent peu intelligente et exclusive qui ôte à cette école le principal caractère des écoles classiques, qui est la durée. » Un siècle plus tard, Miro écrit : « En fait, dans tous les mouvements d’école ce n’est que l’homme qui compte, tout le reste ce n’est que de la blague et de la plaisanterie. Ce n’est que l’individu avec une grande force humaine qui s’impose, tous les autres ne sont que des marionnettes ridicules. » Conclusion de Courbet : « Il ne peut y avoir d’écoles, il n’y a que des peintres. »
Retour à la page La peinture par les peintres

Cézanne
En novembre 1895, alors que l’accrochage de la première exposition personnelle de Cézanne est à peine terminé dans la galerie, Ambroise Vollard est surpris par un gentleman farmer inconnu qui, sans négocier, lui achète trois Cézanne. C’est Monet. Quelques jours plus tard, dans la même galerie, Degas et Renoir tirent au sort une nature morte. Et l’admiration des peintres ne cesse plus d’être sans réserve. De Max Beckmann qui affirme « Personnellement, je tiens Cézanne pour un génie » à Balthus qui affirme : «… il n’y a pas de peintre plus original que Cézanne. Rares sont les peintres qui n’auront pas repris à leur compte cette exclamation de Picasso : « Cézanne ! Il était notre père à nous tous. »
Retour à la page La peinture par les peintres

Ajouter un commentaire